Plusieurs articles récents récapitulent le bilan clinique et biologique de la babésiose canine et/ou explorent de nouvelles caractéristiques. Deux sont présentés ici.
Clinicopathological findings in naturally occuring cases of babesiosis caused by large form Babesia from dogs of northeastern Italy. FURLANELLO T, FIORIO F, CALDIN M, LUBAS G, SOLANO-GALLEGO L. Veterinary Parasitology, 2005, 134, 77-85.
Il s’agit d’un article de synthèse sur les symptômes et les données biologiques enregistrés chez 23 chiens naturellement infectés et examinés dans l’Italie du Nord sur une période quatre ans.
Les principaux signes cliniques relevés sont la déshydratation (jusqu’à 10% et intéressant 100% des sujets), l’abattement (74%), l’anorexie ou hyporexie (70%), la fièvre (68%). L’intensité de la parasitémie apparaît sans relation avec l’importance de l’anémie.
L’anémie (détectée par un hématocrite inférieur à 37% dans 74% des cas), est toujours normochrome et normocytaire, hémolytique (confirmée par une hyperbilirubinémie et/ou une hémoglobinurie : 70%), sans relation entre l’intensité de l’anémie et la gravité des signes.
Les autres signes biologiques sont la leucopénie (69% des cas), la neutropénie (74%), la thrombocytopénie (si en dessous de 142 000 / ml : 100%), l’hyperfibrinogénémie (si supérieure à 400 mg/dl : 100%), l’hyperbilirubinémie (si supérieure à 0,26 mg/dl : 69%) et l’hyperlactatémie (si supérieure à 9 md/dl : 39%).
Prognostic value of blood lactate, blood glucose and hematocrit in canine babesiosis. NEL M, LOBETTI R G, KELLER N, THOMPSON P N. J. Vet. Int. Med., 2004, 18, 471-476.
C’est un article très intéressant explorant, dans le cas de babésiose à B. canis rossi, des modifications biologiques dont certaines à intérêt pronostique confirmé lors de soins intensifs et/ou d’urgence. La question posée est la suivante : est-ce que l’hypoglycémie et l’hyperlactatémie peuvent être des indicateurs pronostiques ? L’étude est réalisée sur 90 chiens spontanément infectés par B. canis rossi : mesures de l’hématocrite (Ht), de la glycémie (Gl en mg/dl) et de la lactatémie (Lt en mg/dl) à l’admission des chiens en soins et de façon répétée (8, 16 et 24h) chez les animaux guéris et les non-survivants.
Principaux résultats obtenus :
Cet article a donc pour but de proposer des indicateurs biologiques pronostiques : les cas de babésiose sévère ou compliquée nécessitant une hospitalisation peuvent donc être mieux expliqués aux propriétaires sur le plan du pronostic. Peut-on extrapoler ces données à Babesia canis canis et Babesia canis vogeli ? Il y aurait grand intérêt, sur la base d’un protocole comparable, à enregistrer et interpréter ces valeurs sur des chiens hospitalisés selon des critères d’inclusion simples.