Les deux articles sélectionnés traduisent les préoccupations croissantes des confrères britanniques sur l’apparition autochtone et les risques d’introduction sur leur territoire des babésioses canines.
Fatal babesiosis in an untravelled British dog. HOLM L P, KERR M G, TREES A J, McGARRY E R, SHAW S E. Vet. Rec., 2006, 159, 179-180.
Cet article décrit un cas clinique chez un chien vivant dans le Kent, n ’ayant jamais quitté l’Angleterre, ni reçu de transfusion sanguine. Ce chien présentait un tableau clinique classique, associé un frottis sanguin et à une PCR spécifique de B. canis positifs. Malgré un traitement à l’imidocarbe (6 mg/kg, 1 fois en IM) l’animal est décédé 60h après sa présentation au confrère.
L'intérêt de cet article réside dans la description d’un premier cas clinique autochtone en Grande-Bretagne. Ce cas résulte vraisemblablement d’une transmission par Rhipicephalus sanguineus, tique de chenil dont la répartition est mal connue en Angleterre et potentiellement vectrice de Babesia canis vogeli. Il s’agit d’une forme clinique aiguë et grave due à B. canis vogeli, sous-espèce habituellement responsable de formes atténuées en France. Le statut immunologique « naïf » du chien explique peut-être cette expression clinique.
Noter également le recours à l’imidocarbe à dose élevée (6 mg/kg), largement plus élevée que celle habituellement utilisée en France (de 2 à 3 mg/kg, 1 fois en IM).
Il s’agit d’un article de synthèse sur les babésioses canines, y compris celles dues à Babesia gibsoni et autres microbabésies, axé sur l’épidémiologie et la clinique. Cet article confirme la préoccupation croissante des confrères britanniques à l’égard de certaines maladies vectorielles inconnues ou rares en Grande-Bretagne et susceptibles soit d’apparaître (exemple des babésioses) soit d’être plus fréquentes. Il présente une estimation chiffrée de la situation française : 400 000 cas annuels dus à Babesia canis canis (et un cas dû à Babesia canis vogeli (attention à ces chiffres annoncés sans mention de source, et absence de référence dans la bibliographie de l’article laissant deviner une description des babésioses en France). Cet article présente également le protocole thérapeutique conseillé pour la macrobabésiose : imidocarbe à la dose de 7,5 mg/kg, 1 fois par la voie IM, ou 7 mg/kg, 2 fois par la voie IM à 14 jours d’intervalle, protocole très différent de ce qui est habituellement conseillé et utilisé en France.
