Les babésioses canines se caractérisent par l’association d’un syndrome pyrétique et d’un syndrome hémolytique. Il existe plusieurs espèces parasites, parmi lesquelles on trouve des souches à pouvoirs pathogènes différents, qui sont impliquées dans des phénomènes immunopathologiques variés. Par conséquent on assiste à l’émergence de nombreuses formes atypiques et de complications cliniques qui rendent le diagnostic difficile.
Au terme d’une incubation moyenne d’une semaine environ
on observe d’abord un abattement brusque et marqué. La modification
du comportement de l’animal attire l’attention du propriétaire
(refus du jeu, de tout exercice, prostration). Cet abattement s’accompagne
d’une fièvre, c’est à dire l’association
d’une hyperthermie (d’apparition rapide, brutale, élevée
: au moins 40°C, en plateau durant 48h minimum), d’une polypnée
et d’une tachycardie.
Puis une anémie se produit : elle est observable par la pâleur
des muqueuses,et entraîne une bilirubinurie (et parfois une hémoglobinurie)
qui colore les urines en brun (urines café).
Cette forme peut évoluer spontanément vers la guérison,
mais aussi le plus souvent vers des complications mortelles (insuffisance
rénale, anémie arégénérative, choc,…).
Par définition, la forme compliquée regroupe toutes les
manifestations cliniques non imputables directement au phénomène
d’hémolyse : phénomène de choc et de défaillance
multiviscérale. Ces manifestations nécessitent en plus
de la thérapeutique spécifique un traitement symptomatique
adapté.
Il peut s’agir de :
•
coagulation intravasculaire disséminée (purpura, hématomes,
hémorragies rétiniennes,…)
•
troubles locomoteurs (arthralgie, lombalgie, parésie…)
•
troubles oculaires (hémorragies, nystagmus…)
•
troubles nerveux (convulsions, modifications comportementales, coma…)
•
hypoglycémie, troubles de l’équilibre acidobasique,
hyperlactatémie, hypotension…
Le diagnostic de la babésiose peut ainsi être difficile.
Il ne peut être confirmé que par l’observation du
parasite dans le sang périphérique, méthode délicate,
longue et peu sensible. En effet, la non-observation du parasite
sur le frottis sanguin, dans un contexte épidémiologique
(zone d’endémie, saison,…) et clinique évocateur
(abattement, fièvre, …), ne doit pas permettre d’exclure
l’hypothèse clinique de babésiose.
Lors de suspicion clinique le traitement doit donc être entrepris
aussi précocement que possible même en l’absence de
confirmation .parasitologique.
