Les babésioses canines sont des maladies infectieuses et inoculables dues à la multiplication et l’action pathogène de protozoaires intra-érythrocytaires du genre Babesia, transmis naturellement par l’intermédiaire de tiques ixodidés. Elles se caractérisent cliniquement par l’association d’un syndrome pyrétique et hémolytique, et sont appelées couramment piroplasmoses du fait de la forme en poire du parasite responsable. Les babésioses sont toutefois multiples mais toutes à transmission vectorielle.
1. Plusieurs babésioses chez le chien
Selon que le parasite est plus grand ou plus petit que le rayon du globule
rouge, on distingue respectivement des grandes babésies (macrobabésies
: 3-5 µm) et des petites babésies (microbabésies < 3 µm).
Les grandes babésies ne forment entre elles qu’un angle
aigu, alors que les petites peuvent être disposées en croix.
En France, la babésiose majeure (parce que la plus fréquente)
du chien est due à Babesia canis canis et B.
canis vogeli, sous-espèces
de grandes babésies transmises respectivement par les tiques des
genres Dermacentor et Rhipicephalus. Ces deux sous-espèces ne
sont pas discernables morphologiquement.
Elles sont cependant distinctes :
•
sur le plan antigénique : l’infection due à une sous-espèce
donnée ne confère aucune protection vis à vis de
l’autre sous-espèce
•
sur le plan pathologique : B. canis vogeli est moins
pathogène.
Il est possible qu’une petite babésie, Babesia gibsoni,
soit présente en France . Son existence a été confirmée
en Italie et en Espagne, où elle est transmise par des tiques
du genre Hæmaphysalis.
2. Transmission vectorielle
La transmission des babésioses, dans les conditions naturelles, repose sur la présence et l’activité des tiques dures. Les tiques inoculent le parasite à la faveur d’un repas sanguin. Ce caractère épidémiologique (cf. fiche ÉPIDÉMIOLOGIE) est essentiel pour comprendre l’évolution des babésioses dans le temps et l’espace : le réchauffement climatique actuel, les modifications écologiques liées à l’habitat et les nouvelles habitudes des propriétaires d’animaux (voyages, activités sportives,…) ne peuvent qu’augmenter les risques de contact arthropode infectant – sujet réceptif, et par conséquent l’incidence des babésioses.
3. Importance médicale
L’importance médicale des babésioses est la conséquence
:
•
de leur fréquence (cf. fiche ÉPIDÉMIOLOGIE, carte
de répartition) : en zone de forte endémie (foyer stable),
les babésioses constituent un motif de consultation banal et une
hypothèse diagnostique constante pour les praticiens
•
des difficultés diagnostiques liées à l’existence
de nombreuses formes atypiques et à la faible sensibilité du
frottis sanguin
•
d’un pronostic réservé : les complications et répercussions
générales de la maladie nécessitent toujours un
diagnostic précoce. La surveillance doit être étroite
et une thérapeutique spécifique et complémentaire
est indispensable
•
de la rareté de l’immunité naturelle qu’elles
induisent et du risque non négligeable de récidives et
rechutes, chacune d’entre elles aggravant le pronostic.
