Les babésioses canines relèvent à la fois d’un traitement spécifique et symptomatique ; la précocité du traitement conditionne en grande partie sa réussite. Les babésioses restent une urgence médicale dans la mesure où les complications peuvent être de pronostic très sombre.
a. De la babésiose à Babesia canis
L’imidocarbe est la molécule de choix comme piroplasmicide à la dose de 3 mg/kg par la voie sous-cutanée ou intramusculaire ; une seule injection est normalement nécessaire. Certains auteurs préconisent une dose plus élevée (5 mg/kg), 2 fois à 2-3 semaines d’intervalle. L’injection est fréquemment à l’origine de manifestations douloureuses locales et immédiates, et de troubles digestifs (ptyalisme et vomissements, quelques minutes après l’injection) toujours bénins.
Il n’est pas rare d’observer des rechutes, phénomène
dû à l’échappement du parasite à l’action
du système immunitaire au moment où la concentration de
l’imidocarbe est inférieure au seuil d’activité piroplasmicide.
Il ne s’agit pas d’un phénomène de chimiorésistance
(qu’il conviendrait de confirmer ou d’infirmer en laboratoire)
mais d’une incompétence relative du système immunitaire
ne parvenant pas à éliminer tous les parasites. La rechute
s’exprime de façon identique ou très proche de l’accès
initial, en général une dizaine de jours plus tard et quelquefois
deux fois de suite. Il serait intéressant de tester l’efficacité de
doses plus élevées (par ex. 5 mg/kg) à l’encontre
de ce phénomène.
L’action de l’imidocarbe est anticholinestérasique,
interdisant en conséquence l’utilisation d’autres
médicaments au mode d’action identique (colliers insecticides
ou acaricides). Aucune différence d’efficacité de
l’imidocarbe n’est notée entre les sous-espèces
de Babesia canis.
Le suivi de l’animal est capital : le comportement et l’appétit
doivent être restaurés en 36h en moyenne ; à défaut,
une nouvelle consultation s’impose afin de détecter toute
complication, en particulier une insuffisance rénale (hyperazotémie,
hypercréatininémie, densité urinaire diminuée).
b. De la babésiose à Babesia gibsoni (et autres microbabésies)
L’imidocarbe est très décevant et actuellement la plupart des essais thérapeutiques sont inefficaces. Une seule publication fait état de la disparition complète de l’infection avec l’association atovaquone-azithromycine, médicaments non disponibles en France.
La thérapeutique consiste :
- à recourir à la transfusion sanguine (si hématocrite < 20%),
- à la perfusion visant à corriger la déshydratation
(causée par les vomissements par exemple), l’acidose : perfusion
de Ringer glucosé à raison de 40-60 ml/kg/j pour assurer
les besoins d’entretien,
- aux glucocorticoïdes dans le cas de pathologies imputables à des
phénomènes immunologiques (hémolyse, glomérulonéphrite
par complexes immuns) : prednisolone (1 mg/kg/j au maximum pendant 4-5
j puis à doses dégressives étalées sur 1
semaine).
Deux possibilités :
- l’utilisation de vaccin anti-babésiose à Babesia
canis :
o Soit à base d’antigènes de culture de Babesia canis
canis, associés à un adjuvant de l’immunité (2
injections par la voie sous-cutanée à 3-4 semaines d’intervalle,
chez le chien âgé d’au moins 5 mois, indemne de passé piroplasmique
si possible) ; la protection conférée est strictement homologue
;
o Soit à base d’antigènes solubles de Babesia canis
canis et B. canis rossi, cette association conférant une immunité croisée à l’encontre
des principales souches de B. canis canis présentes en France.
- le recours à l’imidocarbe, en particulier chez le chien à passé piroplasmique
: avant les périodes à risques, imidocarbe à la
dose de 4 mg/kg par la voie intra-musculaire, conférant une protection
de l’ordre de 4-6 semaines ;
- le recours aux acaricides, diminuant ainsi les risques d’infection.
